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SHOW NOCTURNO 2008-2009
BïaCoup de soleil   ARTICLE - 30 octobre 2008 ' Ralph Boncy | "J'ai toujours cherché à fidéliser un public. Je ne veux pas qu'on m'aime parce que c'est dans l'air du temps ou que ça passe à la radio." photo: Stéphane Najman | Bïa a la bougeotte. Elle avait hâte à cette nouvelle tournée. Nouvelle équipe aussi; nouveau répertoire. Ceux qui s'attendent à des lamentations mélancoliques risquent de prendre un sacré coup de soleil. Qu'est-ce qu'elle parle bien, la Bïa. Ça m'épate à chaque fois. On est attablés dans un resto du Plateau et je me dis que cette artiste-là sait où elle s'en va. Quand je pense que le français est probablement sa troisième langue (après le portugais et l'espagnol)! Elle s'exprime avec plus d'assurance et de nuance que la majorité des chanteuses que j'ai interviewées. Sur scène comme dans la vie, cette fille est un exemple d'intelligence émotionnelle. Et c'est là qu'elle gagne à chaque fois. Cultivée et honnête, elle vient vous chercher avec sa guitare et sa poésie. Avec un brin de folie, mais en sachant toujours ce qu'elle fait, même en se laissant guider par l'intuition. "J'aime rire, j'adore rigoler mais j'ai les antennes syntonisées sur le monde où nous vivons. Je ne suis pas dans une bulle de gaieté vide", résume-t-elle dans un autoportrait vite fait. Pas de grande voix ni de grands éclats - son registre n'a rien de véritablement exceptionnel. Mais avec une chaleur et une sincérité toujours tangibles qui nous obligent à embarquer dans son jeu, dans sa vérité. La preuve, le public l'a même suivie dans son dernier virage: un bouquet de nouvelles chansons généralement plus douces, plus mélancoliques, plus dépouillées. BÏA NOCTURNE ET BÏA DIURNE En effet, le succès critique de son cinquième album Nocturno a été assez stupéfiant. Même si ce compact n'a pas encore atteint les beaux chiffres de vente de ses prédécesseurs (Carmin, son troisième, avait même franchi la barre des 25 000 exemplaires au Québec), tout le monde a donné le crédit à l'artiste d'être allée jusqu'au bout d'un nouveau choix esthétique parfaitement assumé. Un disque marginal, en clair-obscur, avec des couleurs terreuses, des sonorités plus âpres et, avouons-le, plus sombres que les harmonies tropicales auxquelles la Sud-Américaine nous avait habitués depuis bientôt 10 ans. "Nous avons volontairement écarté d'autres compositions de ce projet parce qu'elles étaient, disons, trop solaires. Je ne voulais pas m'éparpiller. Il fallait vraiment que cet album soit tel qu'il est. Et c'était important pour moi de laisser carte blanche à Erik West-Millette, en tant que réalisateur. Je voulais qu'il y ait une signature. Dès que j'ai commencé à lui donner les chansons pour qu'il rêve à la couleur que prendrait l'album, il a vu des quatuors de clarinettes avec des sonorités rares, toutes faites de cordes et de bois. Il a donc immédiatement décidé d'appeler Charles Papasoff et de lui confier l'écriture des arrangements. Je n'ai rien eu à faire, mais j'ai savouré chaque instant. Et j'ai bénéficié de leur complicité..." Parce que Bïa reste une fille spontanée qui communique avec tellement de chaeur et de fantaisie, certains s'inquiétaient de la voir larguée dans des mélopées. On est drôlement rassurés de la retrouver enjouée et tout entière dans le nouveau tour de chant. "Moi aussi, je suis contente de retrouver tout cela!" dit Bïa entre deux fourchettes avec un soleil dans la voix. "La dimension ludique surtout. Car on est tous des clowns. Mes copains sont de grands musiciens, mais ils sont drôles comme tout. Et j'ai beau être à l'aise avec tout ce dépaysement, Nocturno ne rend pas compte de tout ce que je suis. Voilà pourquoi, dans le spectacle, je m'approprie l'espace et l'ensemble du répertoire." UN VRAI SHOW DE MUSICIENS Et c'est là la beauté du nouveau spectacle de Bïa. D'abord, il intègre superbement une vingtaine de chansons provenant de tous les albums de l'artiste. Ensuite, c'est un vrai show de musiciens où elle est accompagnée de la meilleure formation à l'avoir jamais encadrée sur scène. "J'ai toujours cherché à fidéliser un public. Je ne veux pas qu'on m'aime parce que c'est dans l'air du temps ou que ça passe à la radio. J'aime plutôt l'idée que des mélomanes vont m'inclure dans leur discothèque. Mais si c'est pour avoir une conversation amicale et décontractée en pantoufles sur mon sofa, je ne fais pas payer l'entrée, tu comprends? Je suis trop consciente que les gens ont choisi de venir me voir ce soir-là. Ils ne sont pas devant la télé. Ils ont payé le parking et la gardienne. La réussite de ce moment va peut-être leur donner une belle nuit d'amour; c'est important. Moi aussi, je suis public. Je veux être impressionnée, je ne veux pas qu'on me tienne pour acquise. En plus, je suis très à l'aise maintenant. J'ai beaucoup travaillé mon corps depuis trois ans. J'ai pris des cours de danse. Le medley Afro samba, ça demande à ouvrir beaucoup la voix. Je n'étais pas sûre de bien le faire. C'est un bonheur de chanter un peu de ce répertoire qui garde un caractère fort et n'est jamais à l'eau de rose." Bref, il est loin, le temps où la jeune femme se produisait seule à la guitare avec sa copine flûtiste Dominique Bouzon. Aujourd'hui, l'équipe est complète. Deux complices de longue date: son fidèle compagnon, Erik West-Millette, à la basse électrique et le jovial Francis Covan, probablement le Belge le plus brésilien du Québec, qui passe du violon à l'accordéon. Et surtout deux piliers des scènes jazz et "world" de Montréal: le vétéran Charles Papasoff, qui reprend enfin du service avec son arsenal de sax baryton et de clarinette basse, et le batteur et percussionniste Sacha Daoud qui revient de plusieurs tours du monde avec le Cirque du Soleil. Ceci dit, le récital prend vite l'aspect d'un voyage au bout de la nuit dans lequel la poétesse se métamorphose en conteuse pour nous guider d'un univers à l'autre. Il y a aussi Jurassik, titre de travail d'un collage de rythmiques fiévreuses où le rap paysan du Nord-Est brésilien rencontre la turlute de La Bolduc: un copier-coller de la grande dépression au krach boursier d'aujourd'hui entre deux élections! "Mes speaches, c'est toujours de l'improvisation mais sur un sujet précis, poursuit Bïa. Des fois, je pars dans des délires. Vendredi dernier, c'était l'histoire de mon amoureux quand j'avais 10 ans que j'ai retrouvé sur Facebook récemment. Ça a donné cinq minutes d'hilarité générale. Le public, mes musiciens et moi, nous étions tous crampés! J'ai donc improvisé sur ce thème pendant trois soirs consécutifs. Mais dès que le journaliste d'Ottawa - qui avait d'ailleurs adoré ça - en a parlé dans sa critique, je l'ai enlevé du spectacle. Je ne voulais pas me parodier moi-même. Ce n'est pas un sketch. Et je ne suis pas une stand-up comic." À écouter si vous aimez / Bebel Gilberto, The Mosquitos, Monica Freire ooo LA FEMME BÏANIQUE
"Je suis une Brésilienne très montréalaise. Je vis dans les limites du Plateau-Mont-Royal, je vais aux "Dimanches brésiliens" des Bobards, je danse frénétiquement la samba et je fréquente une école de capoeira. Bref, je m'identifie complètement à cette ville. Mais je continue de voyager régulièrement en France et au Brésil pour voir les amis, la famille et donner des spectacles. Et puis, je m'ennuie toujours de quelqu'un. Où que je sois, il y a toujours des gens qui me manquent; je passe mon temps à leur courir après. Dès que je retrouve X, Y n'est pas là, et c'est un problème! C'est un peu confus quelquefois... Mais c'est ainsi. Je n'ai jamais connu un autre mode de vie. Dans mon enfance, on a vécu l'exil au Chili. Mon père, militant contre la dictature, avait été emprisonné au Brésil. Dans ma vie de femme, j'ai parcouru les mers. C'est ce qui me donne envie de voyager encore, d'aller toujours plus loin. Et, parallèlement, j'éprouve une véritable volupté à écrire en français. Pour la prose bien plus que pour la chanson, c'est même devenu ma première langue... Je m'en suis aperçue après coup. Un avion raté, quelques heures à errer dans l'aérogare et ce qui devait être mon journal de voyage s'est transformé en un véritable roman passionnel qui est aujourd'hui quasiment terminé. En 2009, j'espère me trouver un éditeur... Alexandre Vigneault La Presse (Photo: Martin Chamberland, La Presse) Elle a l'air de rien, Bïa. Ses disques cultivent des atmosphères intimes, suaves, parfois sombres, empreintes de langueur et de sensualité. Alors, forcément, on ne se l'imagine pas une seconde comme une chanteuse capable de se démener telle une diablesse, de rouler des hanches et de cabotiner au point d'exécuter quelques mouvements de gymnastique. Or, mardi, sur les planches du Club Soda, elle a prouvé qu'on n'avait tort de ne voir en elle qu'une fille tranquille.
Bïa a bien sûr amorcé la soirée en douceur, interprétant Venha seule à la guitare, laissant à son chant voilé la tâche de séduire l'auditoire. Charles Papasoff, à qui on doit les arrangements de bois et de cuivres entendus sur Nocturno, s'est joint à elle tout de suite après pour Personne, chanson bilingue qu'il a subtilement ornementée. Il n'a jamais été très loin derrière et a fait quelques tours au devant de la scène, le temps de solos judicieux à la clarinette, au saxophone baryton ou à la flûte traversière. Ainsi, durant le premier quart d'heure, la chanteuse d'origine brésilienne s'est montrée à peu près telle qu'on la connaît sur disque. Mais le ton a changé avec l'arrivée du corps du groupe (Francis Covan à l'accordéon, Sacha Daoud à la batterie, Eric West-Millette à la basse) au moment de Caminhar et surtout de Foi A Flor, au rythme chaloupé pas très loin du reggae. Poussée par l'énergie déployée par ses musiciens, Bïa a vite fait de montrer une puissance vocale que ses disques laissent à peine soupçonner. Elle a d'ailleurs joué de sa voix tout au long de la soirée, multipliant les arabesques, les montées et ou les notes ravalées pour mieux les faire résonner dans son ventre. Elle usait vraiment de sa voix comme s'il s'agissait d'un instrument à vent, alors que ses musiciens faisaient pleurer ou danser ses mots. Vu l'instrumentation particulière du groupe, on a senti plusieurs fois l'envie de challenger l'auditoire avec des arrangements inusités. On a même frisé la dissonance à quelques occasions, mais c'était fait avec mesure, dans le but d'enrichir l'univers, de colorer ce voyage au bout de la nuit, et non de dérouter. Car le monde musical de Bïa est d'abord et avant tout d'une grande convivialité. S'il l'esthète y trouve son compte avec les aspects les plus cérébraux de sa musique, elle joue bien davantage avec les notes qui parlent au corps et au coeur. La chanteuse a d'ailleurs fait un touchant petit hommage à Henri Salvador à la fin de sa reprises, en portugais, de Jardin d'hiver, en chantant, en français cette fois: «J'aimerais entendre encore / la voix d'Henri Salvador / voir son sourire et puis me taire / dans mon jardin d'hiver». Après une première partie axée sur les ambiances, le groupe a considérablement augmenté la cadence. Elle a reçu la visite de Paulo Ramos le temps d'interpréter Canto de Ossanha (Baden Powell) et Berimbau (Vinicius de Moraes). Elle a ensuite présenté un pot-pourri de chansons de fêtes populaires du nord-est du Brésil, où son phrasé évoquait la turlutte. On ne s'y trompait pas, entre deux couplets en portugais, elle a glissé un extrait de Ça va venir, faut pas s'décourager de La Bolduc! On savait Bïa à cheval entre le Brésil, la France et le Québec, on la sait désormais aussi suave que fofolle, quand l'a vue courir et sauter en tous sens en chantant Mes zaricots, sa version toute personnelle du zydeco... Et ce n'est rien pour gâcher le plaisir qu'on a à la voir sur scène, au contraire. Moments magiques avec Bïa Bïa ne s'est pas toujours nommée Bïa. Petite, c'était Béatrice qu'on l'appelait au lycée français de Lisbonne. Mais que ce soit Bïa ou Béatrice, la chanteuse brésilienne qui a choisi le Québec pour s'enraciner, a fait passer des moments magiques aux gens qui avaient rempli la salle Jean-Despréz hier soir, à la Maison du citoyen dans le secteur Hull. Le spectacle de Bïa aura sans doute permis aux amateurs de samba ou de bossa nova de muscler leur cou à souhait. Car jamais têtes auront autant dodeliné dans le public qu'hier soir ! Merveilleusement secondée par ses quatre musiciens, Charles Papasoff au sax et à flûte traversière, Sacha Daoud aux percussions, Francis Covan à l'accordéon et au violon et Érik West-Millette à la guitare basse et à la direction musicale, la chanteuse qui a aussi vécu au Chili et en France nous a amenés à mille lieux de Gatineau, dans un pays où les rythmes envoûtent corps et âme. Mettant à l'avant plan les pièces de son dernier opus, Nocturno, Bïa nous a permis de faire connaissance avec certains de ses personnages comme sa petite soeur Maria ou Madalena, cette femme à qui son amoureux lui demandait « de marcher sur des charbons ardents pour lui montrer son amour conditionnel... La chose ne se fera pas, expliquait avec humour la chanteuse, mais j'ai écrit la chanson pour savoir ce qui se serait passé si la chose avait été ! » Généreuse dans ses longs mais intéressants propos et maniant les passés simples comme il ne se fait plus, elle nous a amenés au temps de son enfance où, suivant père et mère qui avaient fui la dictature, la voilà qui se retrouve dans divers pays comme le Portugal. C'est là qu'à 10 ans, elle tomba amoureuse du petit Nuno, le fils du dirlo du lycée. Un épisode qui a valu aux spectateurs présents un bon cinq minutes de rigolade. Cela précédait en portugais le Jardin d'hiver, magnifique interprétation du regretté Henri Salvador La sensualité au bout des notes Il fallait voir et surtout entendre en début de deuxième partie cette musique venue des bas fonds du Brésil. Vêtue d'une très belle robe rouge et noire, l'auteure-compositeure-interprète dansait au son de ces percussions qui n'étaient pas sans rappeler certaines cérémonies religieuses proches du vaudou. Bïa n'a pas peur de mélanger les genres. On en a une preuve alors qu'elle a fait cohabiter folklore brésilien avec... les turlutes de la Bolduc. C'était craquant. Autre moment amusant a été aussi celui avec Mes Zaricots, une composition qui fut l'occasion d'entendre l'accent brésilien mélangé avec l'accent cajun. L'ovation debout de la fin était plus qu'une simple formalité. Hier soir, c'était vraiment la réponse du public à une artiste qui lui a fait passer un véritable Momento de graça. ******************************************************************************************************************** HIER SOIR AU CLUB SODA Fiesta nocturne avec Bia Philippe Rezzonico Le Journal de Montréal 12-11-2008 | 11h34 Femme lumière, Bia avait sacrifié, hier, une partie de son soleil du Brésil pour l'enveloppe de la nuit qui sied mieux à son album Nocturno, mais il y avait néanmoins une magnifique constellation d'étoiles au Club Soda. Oui, Bia a joué à fond la carte nocturne en ouverture, lors de cette rentrée présentée dans le cadre du Coup de coeur francophone. Seule sur scène avec sa guitare, elle nous invite à la rejoindre dans son univers avec Venha (Viens), qui se termine avec l'arrivée de Charles Papasoff avec sa clarinette basse. Densité Pendant la première demi-heure, Bia va intégrer un à un ses excellents musiciens au fur et à mesure que défilent les chansons, ce qui augmente la densité et le volume sonore. Rarissime duo guitare-clarinette basse avec Personne -un peu torpillée par la sono-, livraison étoffée guitare-basse-batterie- saxophone de Caminhar, durant laquelle on la suit pas à pas dans un dédale de ruelles, et ambiance plus expansive pour Foi a Flor, l'une des chansons qui proposaient le plus ses intentions ensoleillées dans ce qui pourrait ressembler à une fiesta nocturne. Pertinente et amusante dans les mises en contexte de ses chansons, Bia avait parfois les allures de la légendaire Yma Sumac. Durant Vento, son sifflotement était aussi précis qu'un instrument, tandis qu'elle imitait le bruit des oiseaux à la perfection pour Jardim, sa relecture de Jardin d'hiver, de feu Henri Salvador, qu'elle a salué en modifiant les paroles de la chanson. Moins physique -sauf durant le rappel -et plus cérébrale que sa compatriote Monica Freire, Bia mise sur une voix portante au possible. Mélodieuse à souhait quand elle chante Olga Maria, elle peut atteindre des cimes étonnantes durant Malandro, une composition «percussive» agrémentée du concours du danseur Marcos Brasil. C'est toutefois avec l'ajout de Paulo Ramos qu'elle s'est faite le plus sensuelle pour le pot-pourri formé de Canto de Hosanna et de Berimbau. Et là, la nuit, omniprésente, était chaude en plus. Bïa au Club Soda - Une étoile dans la nuit Yves Bernard Édition du mercredi 12 novembre 2008 Mots clés : Club Soda, Bïa, Spectacle, Musique, Montréal C'était soir de première montréalaise hier pour Bïa qui présentait son concert conçu autour de Nocturno, le disque qu'elle a fait paraître au début de l'année. La chanteuse s'est livrée à un voyage dans la nuit avec ses explorations amoureuses, ses égarements, sa douce folie et ses explosions de joie.
La première partie est présentée sous le signe de la douceur et de l'intimité. Au début. Bïa chante seule et s'accompagne à la guitare. Elle ne quittera plus ses cordes avant l'entracte. La musique est dépouillée. Charles Papasoff s'amène à la clarinette basse. Il réchauffera le climat d'une atmosphère feutrée. Les musiciens iront par la suite vers des touches jazzées délicatement, avant d'augmenter la cadence et de syncoper à la manière du Nordeste brésilien. Bïa ne s'en tient pas qu'au seul disque Nocturno. Elle parle peu au début, puis se met à raconter ses histoires de village abandonné et de poésie détruite. Les images se succèdent et une étoile ne cesse de scintiller, de façon discrète ou rayonnante. Séductrice, un brin ingénue et drôle à la fois, la chanteuse raconteuse parvient à nous faire entrer dans ses rêves. Elle cause de spiritualité ou d'amour loufoque, chante, fait la percussion vocale, parvient à libérer l'énergie de sa voix, aller vers les graves, donner de la profondeur à son chant. Visiblement, elle nous espère sur un tapis volant. L'orchestre est excellent et polyvalent. Clarinette et saxophone, accordéon et violon alternent pour survoler la batterie et les guitares. Certaines pièces sont dépouillées, d'autres sont lancées avec tous. Bïa offrira des duos avec accordéon et violon avant de prendre une pause. Après l'entracte, le batteur Sacha Daoud relance le rythme au tambourin et Bïa se met à bouger. Le danseur Marcos Brasil s'amène aussi . On commence à humer des parfums afro-brésiliens et voilà que Paulo Ramos entame deux pièces de Baden Powell. Le ton a déjà monté d'un cran et la nuit révélera maintenant ses étincelles. NOCTURNO
 |  | Bïa : le parfum de la nuit par Sarah Lévesque Intime et feutré comme la nuit. Des mots qui collent naturellement au cinquième disque de Bïa, intitulé Nocturno. Accueilli chaleureusement par la critique – Bïa cueille même les compliments lors de notre entrevue dans un café –, Nocturno dégage une justesse dans son ton aérien, folk et nocturne, qui procure au final un réel sentiment de proximité. Les raisons de cette unité? Multiples. « C’est un album de compositions plus que tous les autres. Pour mon premier disque, qui n’est sorti qu’en France, j’avais interprété beaucoup de chansons. Mais avec le temps, je me suis fait un chemin vers la composition, vers un univers personnel. » Si ces ballades ont été longuement mûries par Bïa, elles ont trouvé en studio le climat idéal pour la création. Une plage de travail a été établie afin de permettre un recul constant. Seuls le lundi et le mardi étaient dédiés à l’enregistrement, durant tout l’été 2007. Mais surtout, Bïa a réuni à ses côtés une équipe de rêve qui s’est investie sans calculer. Éric West-Millette fait office de réalisateur et d’arrangeur, Charles Papasoff signe les arrangements des cuivres et des bois et Stacy Le Gallee, propriétaire du studio, manipule les micros et le mixage. « On s’était tous apprivoisés avant l’enregistrement. Je connaissais le studio Le Gallee, je les connaissais tous. Dès les premières journées, ils étaient capables de me laisser toute seule dans le studio pendant deux heures pour que je cherche sur ma guitare les bases d’une chanson, pour que j’apprivoise le son, l’ambiance, pour que j’élimine ma peur d’enregistrer. Et puis j’ai ressenti beaucoup de tendresse de leur part pour les chansons que j’avais écrites, » raconte Bïa. Tellement que pendant les journées de repos, les quatre collaborateurs se téléphonent pour communiquer une impression, la petite trouvaille adéquate pour tel ou tel morceau. Bïa parle d’un « cercle intime de conspirateurs » afin de souligner la chimie vécue, qui dépasse la simple marque de générosité. « J’appelle ça de l’implication humaine profonde. Comme si cet album devenait le leur et pas seulement le mien. Honnêtement, je n’avais pas vécu ça auparavant. » Des nouveaux lendemains Il y a aussi ce parfum de voyageuse qui sous-tend tout Nocturno. Difficile de faire autrement lorsqu’on est Bïa, une femme qui a trouvé son équilibre dans le mouvement, entre le Brésil, la France et le Québec, des pays qui jalousent encore son temps. Bien qu’elle ait habité quelques années à Cassis, dans le Sud de la France, c’est l’amour qui la conduit à Montréal. « Faudrait suer sang et eau pour avoir cette même qualité de vie à Paris. Et professionnellement, je me devais de déménager dans une ville plus active. Ma grande fierté, lorsque j’ai fait ma demande de résidence il y a quatre ou cinq ans, furent ces lettres de gens de la profession que je suis allée chercher pour valider mon parcours. J’en avais demandé à Monique Giroux et à Gilles Vigneault. Et j’ai mis ces lettres dans mon dossier avec une telle fierté… J’en ai pleuré. » Inévitablement, ses racines multiples et disparates tissent l’univers de chansons riches, errantes et vivantes. Sur Nocturno, elle écrit principalement ses textes impressionnistes en portugais, mais aussi en espagnol et en français. C’est même dans la langue de Vigneault qu’elle aborde le délicat sujet de l’exil, celui de ses parents dans les années 70. « Quand les chansons me viennent en portugais, j’ai plus souvent tendance à être synthétique, à écrire de petits poèmes courts. Alors que le français est pour moi est une langue si littéraire, il y a tellement de beaux et grands mots, que j’ai tendance à développer. Le français se prêtait donc bien pour aborder des sujets plus lourds. » Depuis le lancement de Nocturno, Bïa vit une situation d’attente, voire même d’excitation complète. Il y aura bien fallu six mois pour que ce disque prenne vie et forme sur une scène. La situation titille aussi les amis musiciens, déjà tout feu tout flamme pour une tournée automnale : Éric West-Millette à la basse et aux guitares slide, Francis Covan à l’accordéon, guitare et orgue, Charles Papasoff à la clarinette, saxophone, flûte et orgue et Sacha Daoud, batteur, seront de la partie. « Je cite Charles car il a bien résumé notre état d’être. Les six mois qui séparent la sortie de cet album de la tournée font l’effet d’une rencontre avec une femme merveilleuse lors d’un week-end formidable, avec qui l’on a fait l’amour et raconté sa vie. Mais après, elle ne vous donne plus de nouvelles, on doit l’attendre pendant six mois sans avoir un seul coup de téléphone. Je me sens exactement pareille. Je mange mon souvenir, je renifle les t-shirts. On a très hâte. » Versatile comme le vent, Bïa promet de vous surprendre, d’apporter le jour et sa lumière lorsqu’elle personnifiera ses hymnes de nuit |
Critiques COEUR VAGABOND (2006)
FRANCE: Les Inrockuptibles: (Christophe Conte): "On jubile; album promis à un carton estival ."- Europe 1(Thierry Lecamp): "Un album jubilatoire!"
- France Inter (Eric Hauswald): "C'est magnifique!"
- Libération: "Très belle voix.On en rêvait d'une jolie adaptation française du Retrato em Branco e Preto, soudain la voici toute frissonante sur un plateau. C'est beau.
- Humanité: "Délices de volupté. Un disque à s'offrir"
- Ouest France: "Magnifique passerelle entre deux pays; un régal"
- L'Indépendant: "Une voix pénétrante et envoutante qui invite aux vagabondages les plus audacieux"
- Journal du Dimanche: "Charmeur et charmant; cette chanteuse à la fibre poétique et voix enchanteresse est devenue experte en adaptation"
- Midi Libre: "Tendres et précieux allers-retours linguistiques; voix sensuelle: c'est du miel, ça sonne et ça parle; irrésistible"
- World Magazine: "Bïa est une ambassadrice poétique"
- Femme Actuelle: "Bïa, c'est beau de Paris à Rio; recommandé!"
- Sud-Ouest: Délicieuse immersion dans l'univers d'une artiste qui privilégie la poésie pour la traduire dans un jazz très personnel"
QUÉBEC:
- « Un disque merveilleux » André Ménard- Radio Couleur Jazz
- « C'est sublime , 15 pièces, une aussi belle que les autres » Varda, 98.5 FM
- « C'est un disque adorable. » Daniel Daigneault, Puisqu’il faut se lever
- « Elle s'approprie des rythmes qu'elle connaît et qu'elle défend merveilleusement. » Marie-Christine Trottier, Desautels
- « C'est la chaleur du Brésil et ça va nous aider à passer au travers de la grisaille de l'hiver. » Benoît Gagnon, Salut Bonjour
- « Je suis complètement sous le charme. » Alexandra Diaz, TVA
- « Bia est une nomade aux charmes innombrables. ” Alain Brunet, La Presse
- « Tout ce que touche Bia se transforme en or. Luxe, Calme et Volupté.» Francis Hébert, Voir
- « Sublime et hors du commun » Viviana Rosemberg , Culture Pop Montréal
> Presse écrite - France - OUEST FRANCE
- Parfaitement subtil. Aussi craquant que les précédents, encore plus abouti.
- LE MONDE DE LA MUSIQUE
- Un éventail soyeux. Répertoire qui confirme une belle aisance vocale, la finesse des arrangements et un grain de folie. 3 étoiles.
> Presse écrite - Québec
- LE SOLEIL
- Une fenêtre sur le monde. Remarquable.
- ECHOS VEDETTES
- Excellent. 4 étoiles s/4
- JOURNAL DE MONTRÉAL
- Plus riches et achevées que jamais, les mélodies perdurent à l’oreille.
- ICI
- 8/10. Sensuel et poétique.Arrangements finement brodés.
- VOIR
- Adorable. Après un « Sources » qui nous plongeait dans l’émerveillement dès les premières notes, le nouvel album est plus rouge, plus passion, plus chaud, plus moderne et plus musclé.
- METRO
- Sensuel et ensoleillé.
- LA PRESSE
- É mouvant métissage. Un archipel. Une bouffée de chaleur. Un rayon de soleil sur les ailes du désir.
- THE GAZETTE
- Cozy, warm and tropical. Richly textured. The ray of sunshine we need so badly.
TÉLÉRAMA- « Une voix lumineuse »
- LES INROCKUPTIBLES
- « Album vraiment personnel et complètement maîtrisé; sans afféterie, il séduit par sa pureté aurorale, sa douce langueur et son émouvante féminité »
- FEMME ACTUELLE
- « Écoutez « Sources », il coule comme de l’eau claire »
- LE MONDE
- 4 étoiles et sélectionné « disque de l’année »
- « un rafraîchissement absolu »
- OUEST FRANCE
- « Sources présente douze chansons qui coulent comme une chaude cascade… une merveille de légèreté caressée par les riches nuances de sa voix, par les couleurs des instruments et la chaleur des rythmiques »
- VENDÉE MATIN
- « des perles rares comme toujours. L’interprétation a encore gagné en qualité »
- VOIR (Montréal)
- Musique populaire brésilienne ou chanson francophone? Entre les deux son cœur balance mais Bïa, la fille de Rio, s’épanouit avec le même bonheur en portugais ou en français; chanson douce, heureuse, intemporelle et universelle; absolument apaisant »
- LE DROIT (Montréal)
- « un album délicat aux couleurs chaudes, servi par une riche instrumentation et une facture soignée »
- ÉCHOS VEDETTES (Montréal)
- « Il y a longtemps que je n’ai pas été aussi charmé par une voix, par des musiques aussi envoûtantes… Incontournable. Excellent (4 étoiles/4)
- LA REPPUBLICA (Italie)
- « Une heureuse rencontre entre bossa nova, samba et rythmes méditerranéens »
- « Une âme nomade à la voix de cristal »
- LA STAMPA (Italie)
- « Avec sa voix chaude et caressante, une des nouveautés les plus intéressantes de la musique latino-américaine »
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CBC link
QUELQUES MOTS DE VOUS
Luis Oliva: Bonjour Bïa, J'étais au spectacle au club soda au mois de novembre, et je dois dire que j'ai. . . comment dire. . . j'ai complètement capoté! Merci pour ce beau voyage! Bia, quelques mots pour vous remercier de la superbe soirée passée en votre compagnie, vendredi soir dernier à St-Jean-sur-Richelieu. Merci pour cette douce folie, pour ces si belles chansons qui me font verser une larme à chaque fois, pour ces moments de bonheur (qui passent trop vite!), pour la gaieté et les émotions, pour les paroles touchantes, pour la musique envoûtante. C'était la quatrième fois qu'on vous voyait en spectacle. On a déjà hâtes à la prochaine fois! Caroline et Jean PS: "Merci pour Une chance qu'on s'a....", vraiment très apprécié! Parabens pelo maravilhoso show!!!! Foi realmente otimo! Suas musicas sao lindas, musicos otimos, e talentosos. Voce eh uma grande cantora! Ficamos aguardando outro show em breve. Um grande abraco Julia Souhami
Magnifique....je n ai rien d autre a dire.......... Fabrice Laurent
"Bonjour Bia! Merci encore à toi et tes musiciens pour hier soir! Vous êtes merveilleux, au plaisir de se revoir.... Chantal Mathen
J'allais vous écrire aujourd'hui même pour vous dire combien votre prestation de dimanche soir a réjoui nos coeurs. Vous avez une présence extraordinaire, vous communiquez tout naturellement avec les spectateurs, et votre répertoire est d'une qualité rare, marqué au coin de l'exigence et de la beauté musicale. Et vous avez des musiciens qui sont dignes de travailler avec vous. Enfin, quelle belle sensualité dans votre voix et votre gestuelle! Gaëtan Clément
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